L'avion jaune

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mardi 31 juillet 2007

Duxford

Vendredi 27 juillet, le rendez-vous est fixé à 7h30 tapantes au club. Navigation (et déroutements éventuels) préparée, fiches de terrains imprimées, plan de vol déposés, General Aviation Reports faxés, briefing météo... Nous sommes répartis dans 4 avions: 2 DR400 et le Lionceau du club, plus un autre DR400 de nos voisins de l’aéroclub Jean Bertin

Sur Lionceau, je fais équipe avec Arnaud, qui en compagnie de Sylvain, l’ancien chef pilote du club, emmènera le petit fauve sur la route mythique de l’aéropostale en septembre prochain lors du raid Toulouse/Saint-Louis du Sénégal. Arnaud assure la première branche jusqu’au Touquet. Quelques restes de stratus, une jolie lumière matinale et personne en l’air. En vol Arnaud me raconte son histoire et ses projets (pour en savoir plus, le mieux est d’aller sur le site d’aerodéfi).

Nous retrouvons les nuages en route, et le plafond s’abaisse jusqu’à l’arrivée au Touquet, sous un ciel sombre et un début d’averse. Les vagues et l’écume le long des plages nous donnent une idée de la force du vent. Atterrissage en 32, vent plein travers, un peu chahutés dans les turbulences.

Lumière du matin Ca se gate... Arrivée à Duxford

Petite pause et plein d’essence avant de prendre le large. Je suis en place gauche sur cette branche. Quelques instants après le décollage, nous survolons la Manche et le ciel bleu re-apparaît presque immédiatement. Premier contact avec London information, Flight Information Service assuré par un contrôleur à la diction et à la courtoisie impeccables. 20 minutes de vol avant de franchir la côte à Lydd, en corrigeant une dérive carabinée due au fort vent de sud-ouest, puis c’est le survol du Kent sous le soleil, avant de franchir la Tamise. En passant l’estuaire on bascule sur la fréquence de Southend Approach. Tout s’enchaîne de manière fluide, pour la première fois je me sens véritablement à l’aise en anglais sur la fréquence, sans stress aucun. Ca commence à rentrer pour de bon, et le moral est au beau fixe.

Une fois la Tamise franchie, la route choisie passe à l’est de l’aéroport de Standsted, navigation facile via les villes de Chelmsford, Baintree et Haverhill parfaitement distinctes au milieu de la campagne anglaise [1]. Arnaud carte en main suit le trajet en place droite, GPS allumé au cas où. Je descends sous la classe D et les liners en approche vers Standsted, puis passé Haverhill direction plein ouest pour rejoindre Duxford. A l’arrivée le vent souffle toujours mais de face, ce qui facilite nettement les choses, si bien que j’arrive à fignoler un atterrissage correct. On y est, après 1h30 de vol.

Visite de l'American Air Museum, une rotonde qui abrite entre autres quelques gros oiseaux réellement impressionnants: U-2, B-29, B-52, SR-71... avant une rapide pause déjeuner où contrairement à certains qui se remplissent la panse de beans et de frites, je me contenterais d’un sandwich contenant quelques pitoyables restes d’un saumon probablement mort dans d’atroces souffrances, ainsi que d’un « gâteau » compact permettant d’éviter tout risque d’hypoglycémie pour les 24 heures à venir.

Horaires obligent (évitons le « chérie tu vas rire, je suis coincé en Angleterre ce soir ») la visite ne permet pas de flâner autant que je le souhaiterais. J’essaie d’en voir le plus possible (pour les photos de la visite c’est ici), notamment dans le tout nouveau hall AirSpace, mais il faudra revenir un de ces jours approfondir la question. En face des hangars s’étend une belle piste en herbe où toute la journée tournent un Tiger Moth et un DH-89 Dragon Rapide pour des baptêmes à l’ancienne. Voir décoller un Spitfire ou un B-17, écouter la mélodie du Merlin ou le grondement sourd des quatre moteurs en étoile... Duxford est plus qu’un très beau musée, c’est un musée vivant, un vrai terrain d’aviation.

Le petit groupe de pilotes Chavenaisiens s’est donné rendez-vous au pied de la tour avant le départ. Je grimpe pour déposer le plan de vol et m’enquiert de la météo. L’agent AFIS prétend qu’il n’a pas plu à Duxford depuis au moins 2 ans, affirmation sujette à caution vu la couleur de la piste en herbe, un vert quasi-fluorescent qui évoque plus les inimitables petits pois britanniques que la vallée de la mort. Pendant qu’un de nos amis pilotes court après son plan de vol emporté directement vers le Touquet par une rafale plus forte que les autres, Arnaud prépare le Lionceau, alors qu’après s’être posé en douceur la forteresse volante roule sur le taxiway à quelques dizaines de mètres.

Pendant qu’Arnaud profite du vol retour pour se frotter à la phraséologie grand-brittone, je tente d’utiliser son GPS (devinez lequel des deux a le plus de mal...). Pour le trajet c’est facile: mêmes points de report qu’à l’aller, sur la fréquence London Information, Southend Approach, puis de nouveau London Information... et sous la bulle du Lionceau une petite équipe qui fonctionne.

Le soleil se reflète sur l’estuaire de la tamise, on devine Londres au loin. A l’approche de la Manche, Arnaud grimpe autant que le permettent les différentes zones londoniennes. Plein soleil et grand bleu, nous ne retrouverons les nuages qu'en franchissant la côte française.

B-17 de retour de vol Le Lionceau et la forteresse Reflets sur l'estuaire de la Tamise

Le Lionceau engloutit sa (petite) ration d’essence au Touquet, pendant que les pompiers s’occupent d’un malheureux Trislander estropié (problème de freins apparemment). Les DR400 partis après nous on refait une partie de leur retard. La dernière branche (Le Touquet Chavenay) est pour ma pomme, dans un air très calme mais sous un ciel gris un peu triste. Le soleil était parti outre-manche aujourd’hui. Un instant j’ai eu envie de causer en anglais avec Beauvais, c’est que j’y prendrais même du plaisir.

Quelques photos du musée dans le fourre-tout. A voir aussi : les bons conseils de la pilotlist pour les voyages aériens outre-manche, une autre balade à Duxford sur le blog de Vincent, (qui lui est passé par l’ouest de Standsted), les photos d’Arnaud qui s’est un peu acharné sur moi (non, ce n’est pas un concours de grimaces) et pour finir le site de l’Imperial War Museum Duxford.

Notes

[1] c’est un des itinéraires inbounds from the south suggérés sur la fiche du terrain de Duxford

lundi 23 juillet 2007

Une journée à Ancenis

Sortie par le haut. La région parisienne est derrière moi, je grimpe jusqu’au niveau 85 dès que possible pour voler au calme et admirer les cumulus bourgeonnants. Deux heures d’un vol lumineux, avant l’arrivée à Ancenis où je suis chaleureusement accueilli par Jean-Michel, colibri local. Dans les hangars de l’aéroclub d'Ancenis, un beau J3 (jaune évidemment) ainsi qu’un Fournier RF6 plutôt rare. La journée avance, les discussions autour de l’aviation prennent le pas sur mon vague programme de l’après-midi mais c’est tout aussi bien.

on top au niveau 85 Piper J3 Fournier RF6

Je re-décolle vers Chavenay en fin d’après-midi, m’attardant le long de la Loire et de ses bancs de sable, un paysage qui serait un régal à survoler par un matin d’hiver en J3. Puis poussé par le vent du sud-ouest le Lionceau trace rapidement sa route entre soleil et averses. L’air lavé par la pluie est parfaitement transparent. Quand il permet de voler, ce temps là est pour moi infiniment plus beau que ce qu’on appelle communément « le beau temps »... même si le Lionceau n’échappe pas à une n-ieme douche quelque part au nord-ouest de Chartres.

St-Florent le Vieil et Varades Rideau de pluie Le Lionceau sous la douche

Prochain vol, Duxford vendredi prochain, la pluie grand-britonne est parait-il nettement plus humide[1]...

Notes

[1] J'ai été médisant, le soleil a brillé à Duxford

mardi 17 juillet 2007

Sous le soleil normand

Dimanche estival, le soleil est enfin de retour. Rien à craindre aujourd’hui du coté de la météo, à part d’hypothétiques orages en soirée, et à coup sur une séance de sauna sous la verrière du Lionceau.

Je m’envole vers Dieppe, où je ne me suis posé qu’une seule fois, lors d’une navigation solo en janvier 2002. La route tracée passe au nord de la Seine, survolant un paysage qui de la Roche-Guyon jusqu’à Rouen comporte peu de repères remarquables. Puis passée l’autoroute qui marque approximativement la limite nord de la TMA de Rouen il suffit de longer la vallée de la Varenne qui mène jusqu’à Dieppe. En tout une petite heure de vol.

La lumière est dure et semble aplatir le paysage. Assommé par la chaleur sous la seule ombre de ma casquette, je subis les turbulences et un vent changeant lors des dernières minutes de vol. L’atterrissage à Dieppe est juste passable.

A peine descendu de l'avion un pilote de l'aéroclub local engage la discussion autour du Lionceau qui décidemment attise la curiosité. Les mauvaises sensations de la fin du vol s’estompent le temps d'une boisson fraîche au bar du club... j’aime les escales, même les plus simples.

Le vent a tourné, je décolle vers le nord et la Manche toute proche, laissant la ville de Dieppe à ma droite, puis longe quelques minutes les falaises vers l’ouest. Un salut de l’aile au phare d’Ailly niché dans les bois avant de prendre un cap de retour.

Dieppe La côte à l'ouest de Dieppe Le phare d'Ailly

L’heure tourne et la lumière devient moins éblouissante. Juste avant Chavenay j'enroule quelques virages pour passer au large des planeurs du terrain voisin de Beynes qui sont encore nombreux à profiter du soleil et des ascendances.

samedi 14 juillet 2007

Mots d'enfants

Ce matin c'était le défilé quatorze-juillesque, et tout en bricolant en bas de chez moi, j'étais (presque) aux premières loges pour assister au passage des diverses machines volantes.

Commentaire de mon fils Pierrick du haut de ses 3 ans et demi: « et bien tu sais papa, les militaires ils volent en troupeau ».

dimanche 8 juillet 2007

Plic-ploc, j'écoute la pluie

Le CAVOK avec "temporairement faible pluie" de la météo du matin semble avoir quelque peu pris l'eau si j'en juge par ce que j'observe de ma fenêtre. Par curiosité j'appelle Pontoise qui passe 3000 mètres de visibilité avec un plafond à 1600 pieds, pas un temps à partir en navigation.

Le bon coté des choses, c'est que j'ai déguerpi suffisamment vite de Chavenay pour ne pas (trop) me faire doucher à moto...

Prochaine tentative dimanche prochain même heure (même punition?) pour une balade vers Dieppe.

jeudi 5 juillet 2007

Ronds dans l'air

Pas de navigation lointaine (comprendre au-delà d’une heure de vol de Chavenay), pas de déroutement improbable. Un peu trop de local et de terrains connus...

Bref, l’ennui guette, mais ce sympathique petit programme estival devrait relancer la machine:

  • le 8 juillet: destination aléatoire déterminée par lancement de fléchette sur la 500000e,
  • le 21 juillet: Ancenis, puis les châteaux de la Loire... ou alors vers l’atlantique en cas de syndrome de manque maritime aigu,
  • le 27 juillet: Duxford (il est temps de réviser la phraséologie grand-britonne),
  • le 3 août: escapade et pique-nique à la Ferté-Alais,
  • le 15 août: Angers et son musée (l'occasion d'un rassemblement pilotlist, pour s'inscrire c'est ici).
  • ... et peut-être aussi un peu de parapente ou de planeur dans les Alpes.

Ne reste plus qu’à persuader le dieu de la pluie d’aller voir quelque part dans l’hémisphère sud si j’y suis.