L'avion jaune

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lundi 23 juin 2008

Le jour le plus long

Aucun rapport avec le débarquement, si ce n'est dans le cas qui nous intéresse ici, et avec un peu d'imagination, la présence d'un J3 cuvée 1944. Le jour le plus long version aviation légère est une compétition entre aéro-clubs dont l'objectif est de totaliser le plus grand nombre d'heures de vol pendant une journée. C'est aussi (et surtout) l'occasion de se retrouver autour d'un bon buffet dans une ambiance bon enfant, et de passer l'après-midi à discuter en regardant les avions aller et venir.

buffet dans le hangar

C'est donc LE jour où il faut voler, et j'avoue avoir été quelque peu gourmand (mais j'assume)... un premier vol le matin en J3, simple local au nord du terrain sous des nuages tardant à se dissiper. Un deuxième en RF6, réclamé par Pierrick mon petit deuxième, qui tenait absolument à essayer un nouvel avion. Verdict positif, la maniabilité du Fournier a été particulièrement appréciée: le RF6 « ça tourne vite, mais il fait un peu chaud » ... et oui à 14h et en plein soleil, la verrière bulle fait une serre très efficace.

Jamais deux sans trois. Le J3 est libre pour une heure, difficile de résister à la tentation. Grâce à la gentillesse d'un couple qui se propose de garder notre petite tribu, Véro et moi nous échappons pour une balade le long de la Loire, verrière grande ouverte, comme il se doit.

mercredi 4 juin 2008

L'île d'Yeu

Samedi matin, pas de grasse matinée[1], aujourd'hui je dois retrouver d'autres colibris sur l'île d'Yeu... en théorie, car par la fenêtre je distingue à peine l'immeuble d'en face, et le trajet jusqu'à Ancenis se déroule dans un brouillard peu engageant. Avec moi Pierrick, mon petit deuxième, ainsi que son cousin Yann qui depuis quelques temps lui dispute la place de copilote, et va découvrir grâce à ce petit rassemblement une des activités incontournable de l'aviation de loisir: poireauter à l'aéro-club en espérant que ça se lève.

On trompe l'ennui donc, en consultant de temps à autre la météo, et prenant des nouvelles de ceux qui doivent venir de la région parisienne, jusqu'à ce que peu après midi le soleil perce d'un coup la fine couche qui nous sépare du ciel bleu. C'est largement suffisant pour dénicher un gros trou pour passer sans soucis au dessus des nuages. Du blanc parsemé de vert au dessous, du bleu au dessus, mes deux petits passagers sont aux anges... tout comme moi d'ailleurs. Les nuages deviennent de plus en plus épars au fur et à mesure qu'on se rapproche de la côte, avant la traversée vers l'île, confortablement installés à 4500 pieds sous le soleil... Mais le tapis de stratus qui s'étend au nord de l'île d'Yeu ainsi que certains échanges sur la fréquence de Nantes nous confirment que la météo est loin d'être aussi idyllique partout.

Noirmoutier

D'ailleurs à notre arrivée l'ile marquait la limite de cette nappe nuageuse qui s'effilochait, et qui pour un peu aurait pu nous contraindre au retour vers Ancenis. Personne dans le tour de piste, le vent souffle dans l'axe, et après un atterrissage en douceur nous somme accueillis par Philippe, venu de la région parisienne. Les autres avions n'ayant pu nous rejoindre pour cause mécanique ou météo, ce rassemblement se fera donc en petit comité. On grimpe sur les vélos loués pour l'occasion, et après un pique-nique au bord de l'eau près de port Joinville, Philippe nous entraine sur les chemins qui parcourent l'île, à la découverte de la côte sud, dans une atmosphère qui fait regretter de ne pas avoir emporté les maillots de bains (ainsi que la crème solaire soit dit en passant).

bronzette

L'île d'Yeu c'est tellement bien qu'on a du mal à en partir... un insecte farceur bien planqué au fond du tube de pitot me vaudra ma première panne de badin[2]. Comme à chaque décollage je récite à voix haute les vérifications juste après la mise en puissance, alors que l'avion commence à accélérer:

« on a les tours,
- pas d'alarme,
- le badin est act... pas actif!!»

Je réduis par réflexe... puis laisse l'avion décélérer, après tout j'ai encore beaucoup de piste devant moi[3]. Accélération arrêt sans conséquence, mais qui prouve s'il en était besoin l'utilité du briefing avant décollage qui permet d'anticiper les actions en cas de pépin, de réciter à voix haute les vérifications après avoir mis les gaz... et de les faire.

Retour au parking donc. Avec l'aide des membres de l'aéroclub local et d'un petit bout de plastique, la bestiole est rapidement extraite... ou plutôt ses restes. Je souffle doucement devant la prise d'air dynamique, Yann me confirme que l'aiguille du badin bouge. La deuxième tentative sera la bonne, nous nous envolons face à l'océan Atlantique, avant de virer pour prendre la route du retour, profitant de ces quelques minutes pendant lesquelles l'île se laisse admirer en entier avant de disparaitre derrière nous... jusqu'à la prochaine fois.

L'île d'Yeu vue du ciel

Notes

[1] figure de style, car depuis que j'ai le bonheur d'être papa, le concept même de grasse matinée parait appartenir à un lointain passé.

[2] l'instrument qui permet de mesurer la vitesse.

[3] Sur une piste courte l'évènement serait sans doute nettement plus stressant...

jeudi 22 mai 2008

Soirée solitaire

Mardi dernier, juste 35 minutes de vol, le temps de quatre tours de piste dans l'air frais du début de soirée.

par la fenêtre

J'ouvre en grand la vitre de gauche. Odeurs de campagne et de moteur mélangées... ça sent l'aviation à l'ancienne.

j3 après le vol

Personne sur le terrain... Un vol solitaire, enfin pas tout à fait puisque ce soir là, et comme à chaque vol, j'en ai appris encore un peu plus sur ce copain fait de métal, de bois et de toile.

lundi 12 mai 2008

Dax, un long week-end

Préparatifs

Des semaines avant la date de départ, j'avais déjà le nez dans les cartes, autant pour planifier ce week-end aéronautique que pour rêver... navigations préparées, quelques coups de fils à droite et à gauche aux différents aérodromes et aéroclubs, demande faxée pour l'autorisation de posé à Dax (cet aérodrome étant restreint)... seule restait l'inconnue d'une météo pas vraiment engageante sur les Pyrénées, à se demander s'il était bien raisonnable de tracer la route vers le sud-ouest alors que le soleil s'annonçait sur le reste du pays.

Jeudi 8 mai, départ vers Dax

Le départ obéit à un rituel bien rodé. Pendant que je m'occupe de l'avion, Véro se charge des bagages et des deux poussins (le petit troisième passera quand à lui le week-end avec ses grands parents).

Les 2 poussins

Après une petite demi-heure de vol nous apercevons l'atlantique. A l'arrière Katell et Pierrick admirent le paysage et comptent les bateaux entre deux fous-rires.

L'île de Ré

Le PA-28 trace sa route dans l'air immobile. L'ambiance est un peu étrange, sous un plafond gris mais haut et quelques voiles de pluie. Nous passons Ré et Oléron, avant d'obliquer vers l'est en atteignant la Gironde. Je me laisse convaincre par le pilote automatique qui apporte un confort certain pour un voyage tel que celui-ci... mais je crois que je me prescrirais rapidement un ou deux tours de J3 pour me desintoxiquer dans les semaines qui viennent.

Nous avons prévu de faire escale à Libourne, l'occasion de retrouver ma cousine Viviane et ses deux enfants. Le temps s'éclaircit au fur et à mesure que nous progressons vers l'est. A proximité du terrain nous sommes brusquement cueillis par des turbulences assez désagréables, avant un atterrissage par vent de travers soutenu. Ouf! le plancher des vaches est bienvenu, Katell et Pierrick font la connaissance d'Anaëlle et de Corentin au cours d'un pique-nique agrémenté de parties de cache-cache ou de foot (rugby?).

L'accueil à l'aéroclub de Libourne est spontané et chaleureux... Mais la question reste: on continue ou pas? La météo du matin était très pessimiste, l'appel à un prévisionniste compétent permettra de lever le doute. Après avoir rempli les réservoirs nous décollons, direction Dax. Sous nos ailes une leçon de géographie grandeur nature, avec d'abord la Dordogne, puis la Garonne, avant d'entamer la traversée des Landes. Peu de points de repères dans cette immense forêt monotone, mais les rares villages sont comme des îles, facilement identifiables. Après une petite heure de vol nous atteignons notre destination où Michel, oncle et parrain de Véro nous attend de pied ferme.

Samedi 10 mai, pluie sur les Pyrénées

Le jour précédent a été consacré à la découverte du pays Basque au sol (dont une belle balade sur des sentiers proches du col d'Ibardin où nous avions un pied en France, un autre en Espagne). Mais l'envie de voler me démange malgré la météo décidément peu engageante. Je fais le point, téléphone à un membre de l'aéroclub d'Oloron quelque peu désespéré par la grisaille... nous n'irons pas vers l'est aujourd'hui. A Dax c'est volable, on se décide pour un local, que l'on élargira en fonction des conditions en l'air. Karine et Hervé les cousins de Véro nous accompagnent pour ce vol.

Le PA-28 à Dax

Direction le sud. Ma première idée est d'aller faire un tour vers Saint-Jean Pied de Port, avant d'obliquer vers l'ouest et de survoler les lieux visités hier. Mais sur les premiers contreforts des Pyrénées la pluie est bien là, et les nuages bien sombres.

Pluie sur les Pyrénées

Je contacte Biarritz pour faire route vers l'ouest et rejoindre la côte à Bidart. La Rhune est invisible, cachée par les intempéries.

Le phare de Biarritz

Transit le long de la côte, avant de prendre le chemin du retour. A quelque minutes de Dax une grosse averse me fera un instant envisager le déroutement... Finale en 26 au dessus des pins qui obligent à prendre un plan plus fort que d'habitude, avant un poser en douceur.

11 mai, retour... sous le soleil.

Frustrée par la météo de ces deux derniers jours, Véro mitraille à tout va dès les premiers rayons de soleil retrouvés.

Soleil sur l'Atlantique

Les derniers nuages disparaissent au fur et à mesure que nous remontons la côte vers le nord.

La dune du Pyla

La dune du Pyla, après une rapide escale à Arcachon pour compléter les pleins.

Le phare de Cordouan

La suite est une non-navigation, le long de l'immense plage qui s'étire d'Arcachon à la Gironde... jusqu'à Cordouan qui monte la garde au bout de son banc de sable...

Le phare de la Coubre

Le phare de la Coubre, avant d'obliquer vers Oléron.

Les 2 poussins

Oléron et le phare de Chassiron. On prend de l'altitude pour rejoindre l'ile de Ré toute proche.

Le phare des Baleines

Le phare des Baleines... le dernier de la journée, avant de rejoindre le continent, et de retrouver Ancenis par une magnifique fin d'après-midi.

Bilan?

Voyager en VFR, c'est s'exposer à l'incertitude... le survol des Pyrénées sera pour une autre fois, mais nous nous sommes finalement posés à l'endroit prévu (et non à l'autre bout du pays) et avons pu repartir le jour prévu... et l'essentiel était de se retrouver en famille, à Libourne comme à Dax[1].

Notes

[1] Notons également que la dégustation de certains produits issus du canard aide à oublier la météo...

dimanche 20 avril 2008

Balade dominicale

Au programme aujourd'hui, un vol local en PA-28, histoire de garder la main après mon lâcher sur la bestiole... Dans le hangar j'admire quelques instants un hélicoptère Bell 47.

Bell 47

En guise d'échauffement avant le vol je traine tant bien que mal les quelques centaines de kilos de bonne tôle Made in USA vers la pompe à essence. Mais la récompense est là, juste au dessus de la campagne, sous la forme de ces nuages illuminés par le soleil[1].

Au dessus des nuages

Notes

[1] Quelques heures plus tard, c'est le déluge...

jeudi 3 avril 2008

Lâcher PA-28

Si vous parcourez ce blog de temps à autres vous aurez deviné que j’ai un faible pour les machines plutôt légères et/ou spartiates, et en tout cas amusantes à manier: J3, Lionceau, RF6, et bien évidemment le DR221 qui représente une sorte de compromis idéal entre le plaisir du pilotage et les performances. Comme la vie n’est pas si injuste, il se trouve que ce sont en général des avions (relativement) économiques.

Comme le J3, le PA-28 sort de la maison Piper, mais la ressemblance s’arrête là. Série née au début des années 60 et déclinée en plusieurs versions et motorisations, le PA-28 est un quadriplace métallique à ailes basses. Celui du club est un Archer III de 180ch récent et en parfait état. Au premier regard l'appareil donne une impression de robustesse. Ça fait costaud, plus « gros avion » qu'un DR400 par exemple.

Piper PA-28

L'habitacle auquel on accède par une unique porte située à droite est confortable et spacieux, surtout en comparaison de mes trapanelles habituelles. Aucun souci pour caser confortablement mon mètre 84 dans les sièges moelleux. Il est également très bien équipé, avec une planche de bord regroupant l'ensemble des instruments nécessaires en IFR[1], ainsi qu'un GPS et un pilote automatique. Ça et les quelques boutons situés au plafond (démarreur, magnétos, alternateur, pompe électrique, phares…) permettent au pilote du dimanche de s’imaginer quelques instants aux commandes d’un airbus... ou disons plutôt d'un Boeing ancienne génération.

Planche de bord Piper PA-28

Il est temps d'aller essayer de faire voler le bestiau. Premières sensations au décollage: c’est du lourd. Les habitués du PA-28 ou de son homologue le Cessna 172 souriront sans doute en lisant ces lignes, mais pour moi qui suis habitué à manier un manche avec deux doigts l'effort est sensible. L'habitude vient cependant assez rapidement, mais on comprend rapidement pourquoi il est indispensable de bien compenser l’avion, en particulier lors de l'atterrissage... à moins d’avoir un biceps gauche sur-développé, ce qui n’est clairement pas mon cas.

Le vol commence par une familiarisation avec l'avion, et en particulier avec son avionique, avec un topo sur l'utilisation et les différents modes du pilote automatique. Jusque là rien de bien compliqué. Coté pilotage c’est moins brillant, avec une impression de retard et d'inertie à chaque action sur le volant. Je me rend compte que j’ai pris certaines habitudes qui sont incompatibles avec un avion qui se pilote plus aux paramètres qu’aux fesses. D'où une deuxième séance consacrée uniquement à la maniabilité, afin de me sentir plus à l’aise aux commandes, et confirmer qu'un lâcher est toujours une excellente occasion d'apprendre et de remettre son pilotage en question.

Il est clair que pour le plaisir du pilotage pur on repassera, mais cet avion présente d'autres qualités: confort, stabilité, et vitesse de croisière correcte[2], bref les qualités d’un avion conçu pour aller d’un point A à un point B - si possible par l’itinéraire le plus direct et confortablement installé - plus que pour la balade zigzagante. L’efficacité plutôt que plaisir ? Ce serait vrai si je mettais de coté un plaisir un peu oublié ces derniers temps, celui de voyager en famille... Donc rendez vous un de ces jours avec ce PA-28 stable et confortable pour une balade avec femme et enfants, après avoir transvasé le contenu du coffre du monospace vers celui du Piper.

Notes

[1] Instrument Flight Rules, vol aux instruments.

[2] A motorisation équivalente les performances sont cependant nettement inférieures à celles d'un DR400.

mercredi 26 mars 2008

Sud-ouest

Carte OACI sud-ouest Pour naviguer, un pilote a besoin de cartes. Pour les navigations « au long cours[1]» j'utilise l'excellente carte au 1:1000000 de Jean Bossy, qui réussit l'exploit de rendre intelligible l'invraisemblable fouillis de zones empilées et imbriquées que constitue l'espace aérien de notre beau pays... A plus grande échelle la France est découpée en 4 cartes aéronautiques au 1:500000[2], idéales pour la balade.

Dans un précédent billet j'évoquais ma tendance à me cantonner au quart nord-ouest de la France, ce qui correspond peu ou prou à la carte au 1:500000 correspondante. Histoire de voir ce qui se passe dans les contrées inconnues du sud de la Loire, j'ai également commandé cette année la carte couvrant le sud-ouest.

Voilà, la carte est là, j'y jette un coup d'œil quasiment tous les jours, voyageant par la pensée: La côte atlantique, Oléron, Biarritz, les Pyrénées (avec un saut de puce vers l'Espagne?), ou pourquoi pas le massif central, il n'y a plus qu'à imaginer les balades et préparer les logs de navigation, sans oublier bien sur d'expédier quelques offrandes au dieu de la pluie (un petit mot au banquier ne serait pas superflu non plus).

Notes

[1] A mon échelle, cela va sans dire...

[2] Il existe également des cartes au 1:250000, notamment pour la région parisienne.