Me faufilant avant l’arrivée d’un coup de vent, je suis allé samedi dernier me faire lâcher sur le Fournier RF6-B. Soit dit en passant, il s'agit du sixième vol consécutif non-annulé pour cause de mauvais temps, ce qui constitue une sorte de record miraculeux, surtout en automne. On verra samedi prochain si cette chance insolente perdure, le suspens est totalement insoutenable...
A propos de chance et d'avions Fournier, j’ai eu le bonheur de voler une (trop) petite dizaine d’heures dans le monoplace RF4D de mon aéro-club chavenaisien, avant qu'il ne soit vendu (le RF4, pas l'aéro-club...). Un appareil fin et léger, qui permettait de se faire immensément plaisir pour quelques litres d’essence par vol, et la moitié du tarif horaire d’un DR221. J’aborde donc le RF6 avec un a priori plus que positif.

Comparé au RF4D, le RF6-B présente l’aspect plus classique (pour un avion s’entend) d’un biplace cote à cote. Construit dans les années 70, il a été produit en 45 exemplaires seulement[1]. Il est esthétiquement très pur avec un fuselage fin aux lignes tendues sur lequel est posé une petite verrière en forme de bulle, offrant une parfaite visibilité. Seul le train d’atterrissage gâche un peu le tableau, lui donnant un faux air de gros jouet pas tout à fait à l'échelle.
Arrivé en avance je m’installe à bord pour lire le manuel de vol et me faire un premier amphi cabine en solo en attendant le chef lâcheur. Comme nombre d’avions (celui là n’est pas si vieux pourtant), l’habitacle semble conçu pour l’hypothétique pilote standard d’1m70. Je tâtonne quelques instants avant de trouver une position à peu prêt correcte, ça n’est pas bien grand tout ça... Au roulage on note quelques bizarreries, tel les freins actionnés via un levier qui nécessite les deux mains pour être bloqué en position parking (ergonomie quand tu nous tiens), ou le système de verrouillage de la roulette avant encore plus farceur que celui du DR400...

Après quelques derniers conseils sur le pilotage du bestiau, c’est le décollage en 26, tracté par un moteur un peu poussif. Mais les quelques petits défauts précédemment évoqués sont vite oubliés dès que l’air file sur les gouvernes et qu’on commence à jouer avec les commandes[2]. C’est souple, fin et agréable, d’emblée je me sens bien dans cet avion.
C'est le programme classique d'un lâcher: quelques évolutions au nord du terrain, des virages plus ou moins inclinés à gauche et à droite pour prendre les repères d’assiette, un peu de vol lent. Ça embarque franchement sur le coté au décrochage, action ferme au pied obligatoire.
Après un encadrement conclu par un premier atterrissage un peu brutal, je trouve rapidement le truc pour le poser en douceur. Aujourd’hui le vent souffle dans l’axe, mais les 22kt de vent de travers démontré seront plutôt utile en Bretagne, surtout en cette saison.
Voilà... une petite machine amusante comme tout à piloter, idéale pour la balade (relativement) économique, seul ou à deux, un peu comme le Lionceau finalement.
Sur les bons conseils du chef lâcheur, je repars faire deux tours de piste en solo pour le plaisir. C’est toujours ça de pris en attendant le mauvais temps.
