mercredi 17 octobre 2007
Dissipation des brumes matinales
Par Erwan, mercredi 17 octobre 2007 à 21:51 :: Balades
Une journée de pilote du dimanche, quand la brume est tenace, et le pilote un peu têtu...
Ca commence par un réveil (trop) matinal. Le périscope est sorti : l’immeuble d’en face est à peine visible... on rentre le périscope. Qui dit brouillard dit incertitude mais le Cavok[1] est probable en fin de matinée dit la grenouille, optimiste pour le coup.
Sans me presser j’emmène le petit deuxième qui ne demande que ça, non sans procéder tout le long du trajet à une intense préparation psychologique ayant pour thème : « même si on ne vole pas, on pourra toujours voir les avions ». On pourra aussi voir du brouillard... toutes sortes de brouillard.
A Ancenis on discute avec un autre pilote scruteur de brume. On attend. On traîne devant les hangars. Je sors le joker « biscuits au chocolat ». Le Cavok est pour bientôt prétend la grenouille un peu moqueuse. Mais rien ne bouge, ni la manche à air, ni le reste. On rentre finalement... Le petit bonhomme est a peine déçu. On a passé du temps ensemble, et c’est le plus important.
15h, le Cavok ne saurait tarder affirme la grenouille un peu obstinée. Je suis têtu également et décide de tenter à nouveau ma chance. Cette fois-ci plus personne ne veut m’accompagner, je suis seul à croire encore au miracle de la dissipation des brumes (plus vraiment matinales).
Au club nous sommes trois, puis quatre pilotes à scruter le ciel gris et le plafond incertain. Hésitations, cogitations... Le champ de vision s’élargit aux villages alentours, le plafond grimpe, imperceptiblement ça devient volable. Le Cavok est imminent coasse la grenouille, qui finira bien par avoir raison.
Un premier avion décolle, puis un deuxième. Je prépare tranquillement le J3, rajoute un peu d’huile. Je finis de laisser chauffer le moulin avant de me faufiler juste derrière le RF6, histoire de ne pas le gêner en tour de piste avec le bolide jaune (rappelez-vous, 110km/h en croisière, même vitesse en vent arrière).
0n sent que le soleil est là, juste derrière. Par moment la grisaille laisse échapper un voile de lumière qui paradoxalement n’améliore pas la visibilité. Pas un souffle de vent, je peux faire le malin et m’imaginer que je maîtrise le J3. M’imaginer seulement, mais pour le moment je ne boude pas mon plaisir.
Il est 18h00. La brume finit de se dissoudre. Ca commence à ressembler à quelque chose qui évoquerait ce fameux Cavok batracien. Au terme de cette journée j’ai grappillé une petite demi-heure là haut, une demi-heure de plaisir un peu égoïste, il faut bien l’avouer. Mais ceux que j'aime oublient de m'en vouloir quand je leur raconte comment c'était là haut.
Notes
[1] Ceiling and Visibility OK, autrement dit beau temps pour voler.






