Coup de soleil à Alderney (3)

Dimanche après-midi

Décollage face à la mer... impression grisante de s'envoler vers le large.

Virage à gauche et transit à 2000ft. On change de fréquence, bye bye, Alderney. Vue d'avion Guernsey semble moins séduisante que sa petite voisine, à vérifier sur place une prochaine fois.

Jusqu'ici tout allait bien. Sans doute enduit avec de l'erreur par mon accent british impeccable (je plaisante) le contrôleur a du croire qu'il pouvait passer en mode haut débit. Sauf que je commence à fatiguer, j'ai les neurones des oreilles qui surchauffent, et en plus je n'ai pas fini de digérer mes frites. Bref la compréhension est un peu plus laborieuse que sur la première branche.

A peine le moteur arrêté un camion citerne se dirige vers l'avion. En cinq minutes tout est réglé, ce qui change agréablement de certains terrains français où il faut prévoir deux heures d'escale pour espérer avitailler : garer l'avion à la pompe, aller chercher les clef de la pompe à l'autre bout du terrain, clef qui se trouve dans un coffre dont la clef est gardée dans le donjon par le cerbère de la porte, revenir à la pompe, faire le plein, retourner à l'autre bout du terrain pour payer, payer la taxe en même temps «ah la la monsieur ça marche pas c'est le nouveau système informatique».

Fin de la parenthèse pétrolière. Petit coup d'ATIS (particularité on l'écoute sur le VOR, je dis ça pour ceux qui essaieraient désespérément d'afficher une fréquence impossible sur la radio, il faut vraiment être idiot pour faire un truc pareil...) et ça roule vers le point d'arrêt.

- Guernsey ground: «F-KF follow the yellow chrouikchamallow».
- Moi (damned ! j'ai encore rien compris, de quel truc jaune il peut bien causer ? y'a pas de sous-marin jaune sur le taxiway, ou peut-être veut-il que je suive la ligne jaune ? quelle drôle d'idée).
- Véro : «oh regarde encore un de ces bidules à trois moteurs».
- Moi : (bon sang mais c'est bien sur) «euh F-KF behind the yellow Trislander» (ouf je m'en sors bien sur ce coup là).

Le Triventilateur jaune arrive grâce à on ne sait quel sortilège inavouable à décoller. Quand on pense que ça vient du même pays que le Spitfire.

- Guernsey ground : «F-KF direct to Bréhat, blah blah chgrouik chgrouik» (tous les chiffres du QNH, de l'altitude à pas dépasser, du transpondeur et de la fréquence tour à la queue leu leu).
- Me (Aaaargh le bougre est sans pitié) «F-KF sorry I didn't get the squawk code».
- My tender moitié : (faisant des signes désespérés avec les doigts pour me donner le code transpondeur, à deux on avait tous les chiffres du loto dans l'ordre) «euh je crois qu'il a dit 1.2.3.4».
- Guernsey ground (groumf mais quel boulet celui là, bon je répète, de toute façon il repart en Bretagne, bon débarras) «F-KF squawk 1.2.3.4».
- Moi (c'était super dur à retenir comme code pas étonnant que j'aie du mal) «Squawk 1234 F-KF».

On a finalement décollé, la mer était toujours aussi magnifique et après ces épisodes comico-phraséologiques il devenait urgent de se relaxer en profitant du paysage. Après un petit quart d'heure de vol nous passons le phare des Roches Douvres, où nous quittons la fréquence de Jersey pour retrouver celle de Rennes. Travers Bréhat, toujours aussi belle entourée de son chapelet de roches et cailloux divers qui se détachent dans les reflets du soleil. Puis direction le cap Fréhel, Saint Malo, Rothéneuf et la pointe du Grouin. Et sur la fréquence une contrôleuse toute étonnée qu'on ne continue pas sur notre lancée vers le Mont Saint Michel.

A la radio un anglais peine un peu à comprendre ce qui se dit, bien fait, chacun son tour.

Guernsey

Guernsey

en base

En base pour la 27

vers le large

Vers le large

Bréhat

Bréhat

Saint-Malo

Saint-Malo

Rothéneuf

l'anse de Rothéneuf

Pointe du Grouin

La pointe du Grouin