mars 2005
Katell compte maintenant quelques dizaines d'heures de vol en place arrière. Si elle avait un carnet de vol j'imagine qu'elle l'aurait décoré de nuages et d'avions reconnaissables uniquement par elle comme le sont souvent les dessins des enfants de son age (quoique ses nuages ressemblent vraiment à des nuages).
Les vols en famille c'est bien mais à trois ans passés elle s'est un peu lassée du rôle de sac de sable endormi et me demande avec insistance de partir voler «seulement que tous les deux».
Alors un dimanche pendant que le petit frère était occupé (sous la supervision attentive de sa maman) à cacher de vieux numéros d'Info Pilote dans les endroits les plus improbables du club house, nous sommes partis en DR221 profiter du retour du soleil. Que tous les deux.
Il est souvent difficile d'en placer une avec elle, mais mon petit briefing a fait son effet. Pendant qu'on rejoignait le point d'arrêt elle m'a expliqué avec un sérieux imperturbable qu'il ne fallait pas parler dans la radio en même temps que tout le monde... J'ai finalement eu quand même du mal à en placer une car après plusieurs semaines d'intempéries et de nombreux jours de fermeture le trafic à Chavenay était plutôt dense.
Cumulus. Cumulus. Cumulus. Le nom du nuage joufflu l'a beaucoup fait rire, mais elle n'était pas tout à fait rassurée en voyant approcher cette grosse forme surplombant l'avion.
Katell m'accompagne aux commandes. Elle se penche vers l'intérieur des virages, comme pour aider l'avion à tourner. Euh, Katell tu veux bien me rendre le manche s'il te plait ?
De virages en virages on a continué à se balader au dessus de la campagne. J'ai savouré ce petit moment privilégié, là haut tous les deux.
Sur son carnet de vol imaginaire elle peut désormais écrire copilote, et non plus marmotte.