Gap - 20 au 23 mai 2004

jeudi 20 mai

5h45. Le radio réveil me gratifie de son crachotement habituel. Je me serais réveillé de toute façon. Une première tentative de vol vers Gap il y a quelque mois s'était soldé par un déroutement sur la Baule via Montargis (j'en vois qui rigolent dans le fond). Cette fois-ci la météo est idéale. Les jours suivants ça se présente un peu moins bien avec des orages en prévision.

Café, un dernier coup d'oeil à nav2000, la météo, la pile de Notams... Véro s'occupe des petits pendant que je vérifie que j'ai bien toutes les vacs, la Cartabossy ainsi que la 500000e sud-est erronée et corrigée à la main. Comme dit avec un humour involontaire la pub du SIA «la sécurité, c'est aussi une information à jour»... Tout le monde dans le super bolide à quatre roues et départ vers Chavenay pour un décollage matinal.

Yankee Delta est un DR400-180 plus tout jeune mais parfait pour embarquer toute la petite famille et son barda. La préparation de l'avion est plus longue que d'habitude puisqu'il faut charger soigneusement les bagages, installer les sièges enfants, et vérifier la présence des équipements de survie (doudous, paquet de gâteau...). On reste loin de la masse maximale ce qui autorise les pleins complets. Six heures d'autonomie, ça laisse le temps de voir venir. Pendant que j'emmène Yankee Delta à l'abreuvoir engloutir sa ration de 100ll, Véro donne un complément biberon au petit Pierrick histoire d'assurer là aussi une autonomie suffisante. De son coté Katell fait la fière avec son casque «comme les grands».

On se retrouve après les pleins pour l'embarquement, et c'est parti pour un départ en 23. Comme d'habitude les petits s'endorment paisiblement au bout de trente secondes de vol. Quelques minutes après Etampes j'entame la montée vers le niveau 55, puis finalement vers le 75 pour passer au dessus d'un petit voile brumeux. Quelque part en dessous se trouve le terrain de Montargis, souvenir d'un accueil très sympa quand nous nous étions déroutés lors de notre précédente tentative pour aller à Gap. Aujourd'hui rien à craindre question météo, c'est une croisière dans un calme absolu avec une visibilité quasi illimitée.

Apres avoir quitté Seine info, transit en auto information dans la zone de St-Yan. Le Régent était auparavant IFR (avant l'immunité FM): je profite du calme pour manipuler les multiples bidules dont il est équipé. Petit essai du pilote automatique pas très convainquant (on m'avais prévenu). Fini de jouer, on n'oublie pas de regarder le paysage qui devient plus vallonné, avec quelques jolis lacs. Instant magique quand aux environs du vor d'Autun on commence à distinguer les sommets des alpes émergeant de la brume.

C'est le moment de contacter Lyon. Ca sera une route par l'ouest puis Vienne et Romans. Transit accepté et je peux rester au 75. Katell se réveille quelques minutes histoire de vérifier que ne fais pas l'andouille en classe C. Passé Romans la transition avec la montagne est rapide. Le paysage retrouve en quelques minutes sa troisième dimension. Impression de vitesse au fur et à mesure que le sol monte... Devant nous les cumulus commencent à apparaître sur les sommets.

Début de la descente vers Gap. Je m'applique à maintenir un vario tranquille pour les petits. Sensation nouvelle pour moi de descendre dans le relief. J'appelle Gap quelques minutes avant le point Sierra. Pas d'Afis aujourd'hui, mais le largueur de para me répond en me communiquant les informations utiles. Fin de la descente le long de la Durance et branche vent arrière le long du village de Tallard et de son château. Je me remémore les conseils de quelques colibris. La base 21 est effectivement assez basse le long de la colline. Finale et atterrissage sans soucis. On se gare non loin de la tour et ce sont les retrouvailles avec nos amis Rachel et Marc venus nous accueillir avec leur petit.

Pendant le repas j'observe du coin de l'oeil les cumulus qui bourgeonnent et noircissent à vue d'oeil. Même si le vol n'est pas garanti je propose à Marc de passer quand même au terrain.

A Tallard les conditions sont finalement correctes. Vers le sud une grosse masse gris foncé pas très engageante mais qui reste immobile. Au nord vers le pic de Bure le ciel s'assombrit sérieusement. Il y a un peu de vent, assez irrégulier. On se décide pour une balade prudente vers le lac de Serre-Ponçon.

Le décollage et les premières minutes du vol sont franchement agitées. Les choses se calment rapidement une fois passé le barrage de Serre-Ponçon. Grimpette pour profiter de la vue sur Dormillouse et le Morgon, mais les sommets sont cachés par les nuages. C'est bien sombre aussi vers Barcelonnette. Tout en évoluant autour du lac je surveille l'évolution de la météo. Nous survolons la Bâtie-Neuve où nos amis habitent, un peu trop haut quand même pour distinguer les petits en train de jouer dans le jardin.

Retour par le nord de Gap et le viaduc qui matérialise le point novembre. La finale 21 est turbulente avec un avertisseur de décrochage qui couine par moment malgré une bonne marge de vitesse. Roulage, Parking... j'amarre soigneusement l'avion. La biroute continue à gigoter dans tous les sens, on commence à entendre le tonnerre au loin.

Les deux petits monstres

Les deux petits monstres

au dessus des Yvelines

Départ matinal au dessus des Yvelines

nord de St-Yan

Au nord de St-Yan

En approchant de Lyon

En approchant de Lyon

cartabossy

Pub cartabossy

sud du Vercors

Au sud du Vercors

Tallard

Arrivée à Tallard