18 octobre 2001
J'avais réservé un DR221 pour un vol local en solo. En arrivant en voiture le ciel semblait bien gris au dessus de Chavenay.
Un coup d'oeil en arrivant le hangar est fermé, mauvais signe. Mais ça se dégage. Philippe mon instructeur n'a pas volé de la journée: «On va faire un tour là haut pour voir le temps, et si c'est bon tu repars tout seul en local». Rassuré je me prépare à sortir l'avion. Pas de chance, Kilo Bravo a le moteur à l'air, indisponible jusqu'au lendemain. Son jumeau Zoulou Quebec est quand à lui réservé 1/2h plus tard. Après quelques minutes passées à manoeuvrer les avions Zoulou Quebec est dehors, juste à l'heure pour accueillir son pilote.
Comble de frustration le ciel se dégage franchement et une belle lumière de fin d'après midi illumine l'aérodrome. Philippe regarde le ciel: «Bon... ça te dit un tour en Piper?». Pas besoin de me le dire deux fois!
Familiarisation avec les particularités de Fox Papa, purge, pre-vol. Nous sortons le Piper jaune avec précautions du hangar, deux blocs de mousse orange au bout des ailes permettent de mieux apprécier son envergure. L'installation à bord est plutôt fastidieuse pour un élève pilote d'1m84 pas vraiment souple mais après de multiples contorsions je me retrouve confortablement calé. Il y a sûrement une meilleure méthode pour s'installer à bord. Je ne risque pas d'attraper la migraine en regardant la planche de bord (4 instruments plus la bille), mais le charme, lui, est bien présent. C'est simple mais aussi efficace à l'image de la jauge à essence à lecture directe.
Pieds sur les minuscules pédales de frein, le moteur part au quart de tour. Le Roulage n'est pas trop dépaysant pour un élève habitué au DR221. Petite pause au point d'arrêt, le temps de procéder aux quelques vérifications, rapides vu la simplicité du Piper. Essais moteur, en observant ce compte tour «à crans» qui n'a l'air d'indiquer que les multiples de cent.
Aligné, je pousse doucement la petite boule noire de la manette de gaz. Fox Papa prend tranquillement de la vitesse. Mise en ligne de vol et presque aussitôt on se retrouve tout aussi tranquillement en l'air. La verrière est restée ouverte, nous profitons du grand air. Virage vers l'ouest pour une petite balade au dessus des Yvelines. La bille fait l'aller-retour. Je n'ai pas mis assez de pied au début et trop après, on fera mieux au prochain virage.
L'air est pur et tranquille, la lumière est belle et quelques derniers nuages noirs au fond ajoutent au spectacle. Apres 20 minutes de promenade tranquille à 1500ft il est temps de retourner vers le terrain. Philippe me propose de faire quelques tours de piste histoire de bosser quand même un peu. Je suis tellement décontracté que j'en oublie de prendre l'ATIS au retour. Le contrôleur ne s'en formalise pas, Philippe un peu plus.
Pas besoin de ralentir beaucoup en vent arrière vu la vitesse de croisière fulgurante de l'appareil. Le premier atterrissage n'est pas trop mal. On repart pour un basse hauteur. Fin de dernier virage bien au dessus du plan, ce qui donne l'occasion à Philippe de me démontrer l'intérêt des glissades. J'arrondi un peu haut ce qui se traduit après rattrapage par quelques rebonds. Encore un tour suivi d'un complet, et retour au parking. Je m'extrais encore plus difficilement que je n'étais entré, mais avec le sourire jusqu'aux oreilles d'un (grand) gamin de trente ans qui vient de voler dans un avion de rêve. Ca valait bien un vol solo annulé.
On rentre l'avion, puis Philippe repart immédiatement avec un dernier élève. L'aéroclub est désert. Pas un souffle de vent. Je reste quelques minutes encore sur le parking à regarder les avions tourner, juste histoire de rester encore un peu sur mon nuage.