Test PPL

24 avril 2002

Après quelques ultimes séances de torture riches en pannes simulées diverses, le chef pilote a estimé que j'étais prêt pour le test. Les deux mois d'attente pour trouver un examinateur me permettent de gagner en aisance et en confiance, c'est toujours précieux.

C'est le jour J. La navigation prévue est un triangle Chavenay, Beauvais, Rouen. La météo est au beau fixe sur la première branche. En revanche c'est l'incertitude sur la suite du programme avec une brume tenace à Rouen. J'arrive très largement en avance au club. La pression commence à monter. Le testeur arrive pile à l'heure.

Apres un briefing complet et quelques questions histoire de vérifier ma bonne connaissance de l'avion (F-BOZQ un des deux DR221 du club), c'est le départ pour Beauvais. Philippe le chef pilote a poussé la gentillesse jusqu'a faire le plein et à éliminer les moustiques collés sur la verrière.

Départ donc, vers Beauvais... via Pontoise. La navigation est simple et la météo quasi idéale. Quand au trafic il est plutôt limité à Beauvais, avec un seul avion en tour de piste. La longue piste est l'occasion de tester l'atterrissage sans volets... et sans soucis. Même pas le moindre petit rebond, c'est bon pour le moral.

Paiement de la taxe. Je prends l'ATIS de Rouen par téléphone. La visibilité s'améliore doucement mais reste limite. De toute façon le testeur a décidé d'aller me faire visiter Persan, terrain que je ne connais pas.

"Allez on y va vous verrez la navigation en vol"... Je m'installe dans l'avion avec la désagréable impression d'oublier quelque chose d'important. Ah oui la prévol, c'est important ça la prévol...

Départ de Beauvais au milieu d'un trafic toujours aussi chargé. Je contourne la ville par le sud et improvise donc un trajet vers Persan, géré comme un déroutement. Après quelques instants je me rend compte que ça ne colle pas tout à fait. Bercé par la facilité de la première branche j'ai abordé celle là avec un peu de désinvolture. Je me rattrape, retrouve les bons repères et arrive à Persan sans problèmes.

Intégration et début de la séance de mania. Tours de piste, panne au décollage, remises de gaz, PTE. Le premier encadrement est franchement loupé. Je me présente bien trop haut en finale 28, impossible à rattraper. Remise de gaz, je grimpe à nouveau verticale terrain. Moment de doute, ça commence à chauffer et pas seulement à cause du soleil. J'ai plutôt intérêt à me concentrer, pas sur qu'il y ait un troisième essai... Un peu trop bas cette fois ci je converge pour corriger et arrive pile poil sur le seuil à la bonne vitesse. La tension redescend d'un cran.

Le testeur me propose de faire un complet histoire de respirer un peu. On se pose sur la dure pour finalement se garer devant le hangar de l'Aéro-Club Central des Métallurgistes. Je profite de la pause pour admirer leur Stampe.

Le test se termine par quelque quelques évolutions dans la TMA de Pontoise : pannes en campagne, virage engagé... suivies du retour à Chavenay. Au final 2h21 de vol sur le carnet. Une durée très raisonnable pour un test, mais tout s'enchaîne assez vite en vol.

Ce soir là j'ai mis du temps à me rendre vraiment compte de ce qui m'arrivait. On n'a pas tous les jours l'occasion de réaliser un rêve pareil.