Laché RF4

9 mars 2003

Dans le fond du hangar du club il y a un tagazou qu'on n'a pas vu voler souvent ces derniers temps pour cause de soucis de moteur... l'avant-dernière fois une bielle avait décidé de se faire la belle. La dernière fois il avait décidé de ne plus prendre de tours jusqu'à nouvel ordre, le jour même où j'étais censé me faire lâcher dessus. Plusieurs mois d'attente avant de récupérer un moteur en meilleure forme.

Il est un peu différent des autres cet avion: la roulette est bien placée, mais il y a une seule roue a l'avant, qui rentre et qui sort... ainsi que deux toutes petites roues sous ses grandes plumes fines pour éviter qu'il ne bascule sur le coté à l'arrêt. Pas de volets mais des aérofreins. Un habitacle optimisé où on peut caser un Erwan, une carte et peut-être un sandwich les jours où je partirais en navigation avec (pas trop épais quand même le sandwich, sinon ça gêne la manoeuvre du train ou des aérofreins). C'est un monoplace, donc le lâcher est un moment un peu particulier pour un pilote pas encore très expérimenté.

Rendez vous est donc pris un dimanche au club. Briefing ultra complet, Alain me décrit les particularités de l'avion et me donne les différents trucs et autres bêtises à éviter. Je m'installe en prenant garde à ne pas accrocher la manette de verrouillage du train. A bord la tête touche la verrière, m'obligeant à m'applatir un peu plus. Une fois sanglé je vérifie que je peux tout attraper sans problème.

Un coup de démarreur anémique suffit à lancer le moteur dérivé de celui de la coccinelle. Roulage à petite vitesse je rentre encore un peu plus la tête pour éviter de cogner dans la verrière à chaque bosse. Les essais Moteurs ? Pas grand chose à essayer vu qu'il n'y a qu'une seule magnéto et pas de réchauffe (ou plutôt une réchauffe permanente).

Aligné j'enfonce la manette de gaz. Le moteur tourne à gauche mais aucun risque de se faire surprendre vu la faible puissance disponible. Conséquence logique la prise de vitesse est quelque peu laborieuse. En ligne de vol les ailes à plat, impression un peu bizarre de danser sur l'unique roue... et hop en l'air. Je réduit un peu pour ne pas matraquer le moteur. Train rentré je prends la direction du terrain de jeu afin de prendre l'avion en main. Les commandes sont extrêmement légères et sans jeu, l'avion est très fin. C'est un vrai régal d'enchaîner les virages. Quelques manoeuvres de rentrée et sortie du train pour m'exercer. Au déverrouillage le train sort un peu violemment sous son propre poids, il est conseillé de coincer le levier avec le genou. Pas de problème en ce qui me concerne vu que mon genou droit est déjà coincé pile au bon endroit. Une approche "fictive" qui me permet d'appréhender la finesse de l'appareil, manoeuvre des aérofreins... pas pressé de rentrer je me donne le temps de bien sentir l'appareil et puis tout simplement d'en profiter.

Il va quand même falloir le poser. Retour vers le terrain tout en repensant aux conseils d'Alain sur l'atterrissage. Il y a du monde en l'air. Je ralentis en dessous de 110 km/h pour pouvoir sortir le train. Un DR400 en profite lâchement pour me faire l'extérieur... comment ça je suis lent? Train sorti je reprend un peu de vitesse en vent arrière histoire de ne pas jouer les chicanes mobiles dans le tour de piste. J'ai au moins vérifié une bonne douzaine de fois que le train etait "sorti et verrouillé".

Base, finale dans une configuration que j'affectionne particulièrement à savoir la "23 avec soleil rasant en pleine poire". Le point noir à gauche ça doit être un avion sur le taxiway, donc la piste est à droite. Le plan est correct, mais le Fournier ne demande qu'à prendre de la vitesse. Je réduis tout, je freine la manette pour éviter qu'il ne reprenne des tours, je pose la main sur les aérofreins, j'arrondis, décrabage en maintenant les ailes à plat. Un peu haut et l'avion s'enfonce un peu vite. Vite un poil de gaz... sauf que la manette est freinée. Le temps de dévisser et d'amortir au gaz le Fournier rebondit. Reprise de l'arrondi, la manette des aérofreins avec ma troisième main pour l'empêcher de repartir faire un tour en l'air. "Posé pas cassé" pas franchement très joli et un peu zigzagant mais il parait que de loin ça ne s'est pas trop vu.

rf4
l'habitacle
longues plumes
fin comme un oiseau

lors d'un autre vol...